CE QUI NE SE VOIT PAS…

14012010

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Des jeunes parkinsoniens qui veulent continuer à « VIVRE COMME AVANT », autant que possible, parce-qu’ils sont dans la force de l’âge et hésitent voire refusent d’annoncer à leur entourage qu’ils ont cette maladie : en effet, le regard des autres est alors terrible, car méfiant, inquiet ou agressif, il témoigne de leur rejet ; nous ne sommes plus « normaux », nous appartenons à la catégorie des « malades ». Mais, il y a maladie et maladie. Pas le même regard sur une personne qui a un cancer ou un diabète (maladies également chroniques et inguérissables) qui n’a pas d’atteinte visible de sa mobilité. En outre, la maladie de Parkinson est une maladie du cerveau et le public non averti fait l’amalgame entre maladie neurologique et maladie psychiatrique…enfin c’est une maladie qui touche principalement les personnes âgées.

Si on résume, le tableau n’est pas top !

  • une maladie qui rend invalide (et dépendant),
  • une maladie soupçonnée de provoquer une détérioration mentale et
  • une maladie de « vieux »…

et justifie que l’annonce d’un tel diagnostic soit reportée le plus tard possible…

Que se passe-t-il en attendant ?

Par chance, les médicaments antiparkinsoniens cachent les symptômes physiques (ça ne se voit pas) et nous stimulent et ainsi nous permettent de PARAITRE aussi bien qu’avant et de CROIRE que nous pouvons vivre comme avant…Super !…

ET … CE QUI NE SE VOIT PAS…

… Sauf que les troubles moteurs de la maladie (qui se voient) peuvent apparaître mais irrégulièrement (notre état physique et psychologique fluctuant d’un jour à l’autre ou dans la même journée d’une heure à l’autre) ou de manière inattendue : tremblements ou blocages en cas de stress par exemple, mais la plupart du temps, CA NE SE VOIT PAS.

… Sauf que des troubles « psychocomportementaux » s’installent : HYPERACTIVITE (je commence plusieurs tâches successives sans être capable de les achever par exemple), difficultés de GESTION DU TEMPS (plusieurs rdv à la même heure, oublis, éparpillement, défaut de PRIORISATION : je suis derrière l’écran de mon ordinateur alors qu’il faut préparer le repas, défaut de CONCENTRATION). Bien souvent, je ressens le besoin de me recentrer sur moi et d’utiliser les services d’un « COACH » ! Jusque-là, nous gérons difficilement mais …CA NE SE VOIT PAS !

Sauf que nous ne comptions pas sur les effets secondaires des médicaments : car eux aussi dont nous avons pourtant besoin nous jouent des tours :

- si l’on nous a prescrit de la L DOPA médicament phare de la maladie de Parkinson, il faut craindre au bout d’un certain temps des DYSKINESIES mouvements involontaires du corps épuisants et douloureux, maudites par les jeunes parkinsoniens qui doivent vivre le plus longtemps possible sans L DOPA

- si l’on nous a prescrit des AGONISTES DOPAMINERGIQUES (ça ressemble à la L DOPA mais ce n’est pas de la L DOPA, comme le canada dry ressemble à la bière mais n’est pas de la bière…) et c’est la stratégie la plus répandue de traitement en première intention des jeunes parkinsoniens : monothérapie à base d’agonistes dopaminergiques (Parlodel  Sifrol Requip Celance…). Pas de dyskinésies (ouf !) mais des comportements compulsifs et addictifs très préoccupants et gravissimes de conséquences… Ces comportements se vivent dans la solitude psychologique : très difficile d’en parler, tabou, l’impression d’être 2 en 1, , incapacité à faire intervenir la raison,culpabilité, dégoût de soi…

Il s’agit des compulsions d’achat sous forme de collections par exemple, des addictions démesurées aux jeux (de grattage ou de casino) : ces deux types de comportements ont conduit de nombreux jeunes parkinsoniens à des situations dramatiques (dettes – ventes de tout le patrimoine – justice – prison).
Mais il faut parler également des troubles de la libido qui touchent une très grande partie des malades, bien plus que la littérature médicale le rapporte : les statistiques sont faussées par les non-dits (honte-peur) et la volonté de ne pas en parler pour maintenir un niveau de relations intimes satisfaisant… L’hypersexualité plonge les jeunes parkinsoniens dans des actions dangereuses vis-à-vis de leur santé (aucun contrôle des actes) ou vis-à-vis de leur couple mis parfois en péril.
Depuis une action récente en justice concernant l’addiction aux jeux, la presse s’est emparée de ce sujet et a malheureusement transformé les malades en voleurs ou détraqués sexuels…

 

Il faut rappeler que :

 

- nous avons besoin des agonistes mais que

 

- nous devons être prévenus de leurs effets pervers et

- nous devons surtout alerter notre neurologue dès que des effets addictifs préoccupants sont constatés car l’ajustement du traitement par le changement de molécule ou une répartition différente des médicaments dans la journée peut suffire à rétablir une situation plus normale. L’entourage peut également signaler de tels effets. Malades et entourage peuvent encore s’adresser à une association de malades capable de les soutenir et de les conseiller.

EN PARLER !

 

En parler permet :

- outre le retour à une situation plus normale par le changement du traitement,

- être compris,

- ne plus se sentir seul et

- reprendre confiance en soi.

Ne pas oublier que notre état psychologique retentit sur notre état physique et vice-versa.

Enfin, ne JAMAIS modifier seuls votre traitement :

supprimer, diminuer ou augmenter vos médicaments peut être dangereux pour votre santé sans avis médical.

IL EXISTE DES SOLUTIONS que seuls les neurologues peuvent mettre en place :

les possibilités thérapeutiques sont aujourd’hui nombreuses.

 

Corinne




EDUCATION THERAPEUTIQUE

11012010

J’ai participé aujourd’hui à un atelier des Etats Généraux de la maladie de Parkinson devant conduire avec les 9 ateliers précédents à la constitution du Livre Blanc sur la maladie de Parkinson à remettre le 12 avril 2010 à Mme la Ministre de la Santé Roselyne Bachelot.

Chaque atelier a traité d’un thème particulier retenu à partir des questionnaires retournés par les malades ou des interventions aux rassemblements de malades et aidants de la première partie des Etats Généraux en avril 2009.

Le thème retenu aujourd’hui était l’éducation thérapeutique du patient parkinsonien.

Matin : interventions de professionnels de la santé.

Après-midi : « brainstorming » des malades et aidants.

Très intéressant et très dense.

Ce que j’ai retenu :

  1. Définition : Dispositif d’apprentissage de la maladie permettant de rendre le malade acteur autonome de sa maladie
  2. Objectif : Mieux vivre avec la maladie de Parkinson. Il y a du travail !…
  3. Condition : Diplôme Universitaire d’EducationThérapeutique

Des participants au protocole de recherche « Etpark » (voir catégorie recherche) ont témoigné et apprécient tellement la qualité de l’écoute et des informations délivrées par Céline infirmière dédiée à cette éducation qu’ils recommandent la généralisation et la systématisation de ce dispositif dès l’annonce du diagnostic… certains lui attribuant même une vertu comparable à celle d’une thérapie ou d’un médicament !Un indispensable « coaching »…

Sourire J’ai fait la connaissance au cours de cette journée de deux « jeunes parkinsoniens » qui se reconnaîtront sûrement en me lisant… dont le plus jeune marié avec deux jeunes enfants 3 ans et 3 mois. Je me permets de lancer un appel à solidarité pour lui : il recherche en effet des jeunes personnes (la trentaine) qui se trouvent dans la même situation familiale que lui pour échanger plus facilement par mail peut-être … il habite Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Enfin, quelques pistes ont été suggérées dont la constitution, autour de l’équipe médicale et paramédicale, d’un réseau formé d’éducation thérapeutique à l’hôpital (modèle Etpark), d’éducation thérapeutique en ville (Réseau Sophia de l’assurance maladie) et d’entraide de patients et aidants experts associatifs de proximité dans 3 structures communiquantes ou dans une seule structure regroupant les 3 types d’intervention (hôpital – ville – proximité).

Les patients et aidants experts seraient volontaires, bénévoles et formés.

Des questions ? Des suggestions supplémentaires ?

Merci

Corinne




« Etpark » : Protocole de recherche en matière d’éducation thérapeutique pour la maladie de Parkinson

16122009

listeprretenus08preqhos.doc

« Etpark » comme Education Thérapeutique de la maladie de Parkinson…

Cette démarche destinée à rendre le patient acteur de la gestion de sa maladie est conduite par le Dr BREFEL-COURBON Neurologue au CHU de Purpan à Toulouse (chef de projet) avec l’aide de Céline ARCARI, Infirmière de son service chargée de sa mise en place et de son développement.

C’est nouveau dans le domaine de la maladie de Parkinson (l’éducation thérapeutique est déjà en place pour d’autres maladies chroniques telles que l’asthme ou l’obésité) et il faut espérer que l’issue du protocole de recherche démontre son efficacité sur la qualité de vie des malades ainsi que sur la consommation de leurs médicaments.

Corinne




Ressources documentaires

14122009

2007 GUIDE PATIENT DE L’HAS (Haute Autorité de la Santé)

Ressources documentaires  dans MALADIE pdfgpparkinson10818001008.pdf

2009 LISTE DES ACTES ET PRESTATIONS DE L’HAS

pdf dans MALADIEsyndromesparkinsonienslisteactespresta.pdf

2007 PLAN DE SANTE DES MALADIES CHRONIQUES

pdf planmaladieschroniques20072011.pdf

Cette liste n’est pas exhaustive (voir boîte à outils)







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