THERAPIES

PARKINSON : LES AUTRES SOINS POUR VIVRE MIEUX

Le problème avec la maladie de Parkinson, c’est la perte progressive de la mobilité. Avec une prise en charge adaptée, on peut préserver plus longtemps la qualité de vie.

1. LES TROUBLES DE LA MALADIE DE PARKINSON

Tremblement, rigidité, blocage des mouvements… Responsable de ces troubles gênants, la maladie de Parkinson est due à une insuffisance de dopamine dans le cerveau. On la traite donc avec des médicaments qui miment l’action de ce neurotransmetteur. C’est très efficace au début, mais trouver la bonne dose peut prendre plusieurs mois.

2. MALADIE DE PARKINSON : DES MÉDICAMENTS… MAIS PAS SEULEMENT

Une minorité de patients, ceux qui ne « répondent » pas aux médicaments ou qui ont commencé la maladie avant 50 ans, peut parfois bénéficier d’une électrostimulation cérébrale. Rééducation, kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie, maintien de l’activité physique, cure thermale… complètent le traitement médical. « Il est en effet essentiel de développer d’autres approches non médicamenteuses ciblant tout ce qui n’est pas amélioré par la dopamine », note le Pr Derkinderen.
« Un traitement peut être efficace pendant trois ou quatre mois, puis avoir besoin d’un réglage, précise Monique Pizani, de l’association France Parkinson. Je revois donc mon neurologue régulièrement. En complément, et en accord avec lui, j’ai recours à l’homéopathie pour mieux supporter les effets secondaires des médicaments. Cela fait treize ans que j’ai cette maladie, et je ne m’en sors pas trop mal… »

3. MALADIE DE PARKINSON : LA KINÉ AMÉLIORE LE CONTRÔLE DES GESTES

Le manque d’activité aggrave les raideurs des articulations et la perte musculaire liées à la maladie. Il faut donc continuer à bouger le plus longtemps possible. Au début, le mieux est de continuer à pratiquer son sport favori : natation, vélo, danse et marche, de préférence à grandes enjambées et en exagérant le balancement naturel des bras. Ce qui renforce l’efficacité du traitement. À un stade avancé, on fait appel à la rééducation. Le kiné apprend au malade à solliciter mentalement la motricité volontaire. Il lui demande ainsi de se représenter les mouvements avant de les réaliser et de décomposer les gestes en séquences, puis de les répéter sous forme d’exercices. « À cause de la maladie, tous les automatismes disparaissent. Il faut donc en acquérir d’autres permettant d’effectuer des gestes précis, raconte Monique Pizani. Intérieurement, je dis à mes jambes de marcher. Je commande alors moi-même la connexion nerveuse… et j’avance les pieds. Mes séances de kiné m’aident beaucoup. »

4. MALADIE DE PARKINSON: L’ORTHOPHONIE AIDE À MIEUX ARTICULER

Les troubles de la parole surviennent après six à dix ans d’évolution. Les techniques d’orthophonie reposent sur la posture, l’apprentissage du contrôle respiratoire, de l’intonation, la correction du débit… « J’ai d’abord suivi une méthode classique, raconte Monique Pizani, puis il y a deux ans, la méthode LSVT (Lee Silverman Voice Treatment), d’origine américaine : on vous fait crier pendant un mois, et ça marche ! La preuve : je n’ai plus de problèmes et je fais des conférences. Je conseille de voir un orthophoniste sans attendre, dès les premiers troubles de l’élocution. »

5. MALADIE DE PARKINSON: L’ERGOTHÉRAPIE ADAPTE LE CADRE DE VIE

Pour faciliter la vie de la personne, il faut aménager son environnement : pas de tapis, une douche plutôt qu’une baignoire… Si le handicap s’accentue, il peut être utile de s’adresser à un ergothérapeute*.
Après analyse du handicap, il fera des propositions concrètes afin de préserver le plus longtemps possible l’autonomie du malade : poignées dans les toilettes, couverts adaptés, fauteuil…
*46 € l’heure à domicile (non remboursé, mais des aides sont possibles). Se renseigner auprès de France Parkinson.

6. MALADIE DE PARKINSON: LES CURES THERMALES REDONNENT DE LA MOBILITÉ

Trois stations thermales proposent des cures « spécial Parkinson » pour lutter contre la rigidité et améliorer la motricité : Lamalou-les-Bains (Hérault) en partenariat avec le CHU de Montpellier ; Ussat-les-Bains (Ariège) avec le CHU de Toulouse-Purpan ; Néris-les-Bains (Allier). Ces établissements offrent aussi des activités en concertation avec l’association France Parkinson.
Sur son site, l’association France Parkinson diffuse une information très complète sur la maladie. Elle propose aussi des actions de soutien. Tél. : (00 33)1 45 20 22 20. www.franceparkinson.fr

7. 3 QUESTIONS À PR PASCAL DERKINDEREN

Vos travaux sur les atteintes digestives dans la maladie de Parkinson ont été récompensés… Qu’avez-vous découvert ?
Il est établi que les atteintes de la maladie ne se limitent pas au système nerveux central (cerveau) mais qu’ils touchent les systèmes nerveux périphériques, dont le tube digestif. Des Japonais ont montré que les lésions des neurones de la paroi digestive sont les reflets de celles qui sont observées dans le cerveau.
Avec mon unité Inserm, spécialisée dans les neurones digestifs, nous avons mis au point une méthode d’analyse du côlon des malades. Nous prélevons un bout d’intestin de la grosseur d’un grain de riz par coloscopie. Ce qui nous permet ensuite d’étudier le processus dégénératif.
Cela va-t-il changer la prise en charge des patients ?
Grâce à la facilité de ce prélèvement, nous avons pu montrer que plus le nombre de lésions neuronales est important dans le tube digestif, plus la maladie est sévère. Une étude plus large est en cours pour savoir si cette découverte pourrait permettre de diagnostiquer la maladie plus tôt, d’évaluer sa sévérité, d’ajuster le traitement et d’adapter la prise en charge. On pourrait, dans certains cas, déconseiller la stimulation cérébrale profonde par l’implant d’électrodes dans le cerveau. Selon l’état des neurones, le médecin pourra, en effet, estimer que ce geste est inutile, voire susceptible d’aggraver l’état du patient.
Un essai de traitement naturel est en cours, qu’en pensez-vous ?
Ce traitement prétend agir sur la cause digestive de maladie. Mais c’est une dérive qui profite de la crédulité des gens, prêts à tout pour ne plus souffrir. Je prescris quelquefois des médicaments de confort à base de plantes. Mais c’est pour améliorer le transit, pas pour soigner la maladie. Les médecines naturelles ne remplaceront jamais les médicaments, même si ces derniers ont des effets secondaires. On peut toujours critiquer la chimie, mais la L-dopa a révolutionné la vie des malades. Cela n’exclut pas les approches complémentaires. Mais quelqu’un qui arrêterait son traitement pour ne faire confiance qu’aux médecines douces mettrait sa vie en danger.

Pr Pascal Derkinderen, neurologue au CHU de Nantes, Inserm U913

Auteur : Dominique Thibaud

SOURCE : Top Santé

Slice of Life |
Mutuelle - Assurance - Comp... |
Détente du corps et de l'es... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | remg276
| Lithothérapie - Les Bienfai...
| fibromyalgie - la minorite ...