ACTIVITE PHYSIQUE SUR ORDONNANCE ?
27 01 2010Claude Béraud dans « Stratégie thérapeutique » de l’ »Actualité médicale » écrivait en 2007 que « les médecins ont un rôle important à jouer pour faciliter l’engagement individuel des patients à pratiquer une activité physique régulière et adaptée. A tout âge, la prescription de programmes individualisés d’exercice physique contribuerait à améliorer l’état de santé de leurs patients. »
Mais ils ne sont pas suffisamment formés à cet aspect de la santé. La formation permanente leur parle davantage des techniques et des médicaments que de l’importance de nos modes de vie sur notre capital santé. Le temps leur manque pour aborder, avec la disponibilité indispensable, la mise en œuvre de cette activité dont les bénéfices pour la santé sont pourtant indiscutables que ce soit à titre préventif d’une maladie grave ou de son aggravation. L’engagement des professionnels de la santé est limité aux personnes qu’ils conseillent. Sans un engagement collectif – et donc politique – il n’est pas possible d’améliorer le niveau d’activité physique dans une population de plus en plus sédentaire. Des mesures générales, applicables au plus grand nombre, sont depuis quelques années recommandées (campagne de l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education de la Santé « Manger bouger »).
On sait que la maladie de Parkinson affecte la mobilité, crée des troubles de l’équilibre, des tensions et raideurs musculaires, des douleurs, pendant de plus ou moins nombreuses années.
En l’absence d’une évaluation du niveau d’activité physique de chaque parkinsonien et d’une prescription individualisée, en fonction de son âge, de ses possibilités physiques, de son activité quotidienne, de son état de santé global et du stade de sa maladie (rêvons…), il doit, notamment lorsqu’il est jeune, et je dirais même : plus il est jeune, prendre conscience du rôle de l’activité physique pour entretenir son corps et le PREVENIR d’aggravations tant redoutées…
Qu’a-t-il à sa disposition aujourd’hui ?
- Le recours non systématique à la kinésithérapie (je viens d’ailleurs de mettre en lien sur mon blog celui de Thierry Péron-Magnan, kinésithérapeute spécialisé dans la maladie de Parkinson, que je vous recommande de consulter) capable de soulager des maux par diverses techniques reconnues puisque basées sur des principes scientifiques et remboursées par la Sécurité Sociale (profession dite « paramédicale ») : ces techniques concourent pour la plupart au renforcement musculaire et à la mobilité limitées du parkinsonien. De nombreux malades se plaignent souvent que leurs kinésithérapeutes ne connaissent pas bien la maladie de Parkinson : pour y remédier, l’association France Parkinson a lancé depuis l’année dernière une campagne de formation nationale des kinésithérapeutes et édite depuis plusieurs années une brochure d’exercices physiques adaptés que je recommande de fournir (adroitement !) au kinésithérapeute qui vous suit… Cependant, la kinésithérapie répond à un besoin momentané et ne s’envisage pas en continu : elle doit être complété ou poursuivie d’activité(s) d’entretien régulier.
- Quelques cours collectifs d’activités diverses (exercices physiques – chi gong, etc…) mis en place par les associations de malades.
- Quelques recommandations éparses sur l’importance d’avoir une activité physique… (brochures – livres – Internet)
2 cas se présentent :
- le jeune parkinsonien pratique déjà une activité physique et la poursuit : en cas de difficulté, il ne doit effectuer d’effort démesuré mais S’ADAPTER…
- le jeune parkinsonien ne pratique aucune activité physique, sait et/ou va rapidement réaliser qu’il doit changer ses habitudes…
Que peut-il espérer pour l’aider à pratiquer une activité physique ?
- Trouver un ami, un voisin, un membre de sa famille pour partager des activités physiques régulières, comme la marche…
- Participer à des activités physiques associatives en groupe régulières (de la maladie de Parkinson : s’il ne craint pas le contact de personnes âgées plus avancées dans la maladie) ou en créer entre jeunes parkinsoniens : marcher à 2 ou 3 du même âge par exemple, c’est mieux pour le moral.
- Se prendre en charge et tous les matins ou au moins 3 fois par semaine effectuer seul une série d’exercices adaptés (voir boite à outils) et marcher par exemple 1/2 heure, avec l’aide concertée de l’entourage…car le courage peut manquer…
REGLES D’OR : régularité et plaisir
GO !
Corinne








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