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Une décennie au se service de la médecine

Par : Dominique Auger-Gagnon

2007. Une nouvelle source de cellules souches est découverte. L’équipe du chercheur Shinya Yamanaka, de l’Université japonaise de Kyoto, parvient à reprogrammer des cellules de la peau. Il s’agit de l’une des plus fascinantes découvertes de la décennie, alors que ces cellules promettent de remettre à neuf les tissus endommagés, et ainsi traiter efficacement des maladies comme le cancer, les maladies neurodégénératives et les complications cardiaques. Dans le processus de création de ces cellules, les chercheurs ont modifié génétiquement des cellules matures de la peau. Comme les cellules souches embryonnaires, les cellules souches de la peau, découvertes simultanément par Shinya Yamanaka et James Thompson, de l’Université de Wisconsin, ont la capacité de fabriquer chacun des 220 types de tissus qui composent le corps humain.
« C’est une découverte formidable quand on pense qu’une simple injection de ces cellules est pressentie pouvoir revitaliser un tissu », admet le professeur Charles Doillon du Centre hospitalier de l’Université Laval ( CHUL ) et expert dans la culture des cellules souches. Les scientifiques comptent ainsi se servir de cette source polyvalente pour éradiquer les maladies à qui la médecine livre un combat de longue date. Une simple injection de ces cellules pourrait, par exemple, régénérer des tissus nerveux pour freiner la progression d’une maladie comme l’Alzheimer, fait-il valoir. Le professeur croit d’autant plus qu’elles pourraient encourager les vieilles cellules à se multiplier et à entretenir les tissus plus efficacement.
Offrir une solution de rechange à l’utilisation controversée des cellules embryonnaires s’impose comme l’un des bénéfices majeurs de cette découverte, souligne Charles Doillon. « Au niveau éthique, cette découverte est très intéressante parce qu’on ne reprochera plus à la médecine de vouloir tuer des embryons pour se fournir en cellules souches », fait remarquer le chercheur au Centre de recherche en endocrinologie moléculaire et oncologique du CHUL. De même, les phénomènes de rejet associés aux greffes ne seront plus qu’un mauvais souvenir, « puisqu’on prend les cellules du patient qui ont le même code génétique », renchérit le chercheur.
Des impasses encore
inconnues
L’utilisation des cellules souches suscite cependant des points d’interrogation auprès des chercheurs. « On ne peut pas encore prévoir comment les cellules souches interagiront avec le tissu dans lequel elles seront injectées », déclare M. Doillon. « Elles pourraient s’emballer et devenir des cellules souches cancéreuses », craint le professeur. Mais pour les réponses à ces questions, « seule la prochaine décennie nous le révèlera », conclut M. Doillon.

 

La dernière décennie a été marquée par l’apparition de nouvelles drogues pour lutter contre le cancer. Deux d’entre elles, l’imatinib et l’herceptine, ont démontré que le succès de cette lutte réside dans la compréhension de la structure biologique de la maladie.
L’herceptine
L’herceptine est l’une des premières drogues à empêcher une dégradation génétique des cellules. Depuis son approbation en 1998 par la Food and Drug Administration ( FDA ), les essais cliniques se sont multipliés. « La découverte de cette drogue a fait prendre conscience qu’il est important de développer un traitement chimiothérapique pour chaque type de cancer », rapporte le chercheur en chimie médicinale au Centre hospitalier universitaire de Québec ( CHUQ ), René C. Gaudreault. « Des dizaines d’essais cliniques se font présentement pour le développement de nouvelles drogues anticancéreuses qui influenceraient le mécanisme génétique », souligne le
chercheur.
L’herceptine s’attaque au gène HER2 qui, en trop grande concentration, est responsable de 25 % des cas de cancer du sein. Jouant son rôle d’anticorps, la drogue se fixe au HER2 pour l’empêcher de produire la protéine responsable de la multiplication incontrôlée des cellules. Depuis l’introduction de l’herceptine, le taux de survie des femmes atteintes du cancer du sein a considérablement augmenté, avance
René C. Gaudreault. Cette drogue représente aussi le premier traitement capable d’éliminer les cellules malignes en épargnant les cellules saines.
L’imatinib
Le développement de l’imatinib par l’Américain Brian Druker a aidé les chercheurs à comprendre la structure biologique de la leucémie myéloïde chronique ( LMC ). Conçue pour s’attaquer spécifiquement aux molécules contrôlant la multiplication cellulaire, cette drogue s’est révélée très prometteuse dès les premiers essais cliniques. Son efficacité a toutefois fait défaut lorsque transposée aux autres types de cancers. « Après un certain temps, les cellules cancéreuses des patients devenaient plus résistantes », précise René C. Gaudreault. Les preuves de l’imatinib ne sont toutefois plus à faire en ce qui concerne le traitement de la leucémie myéloïde chronique.
Les chercheurs s’affairent maintenant au développement des drogues de la même famille que l’imatinib, en s’efforçant de les rendre « capables de percer la chimiorésistance de plusieurs types de cellules cancéreuses », souligne M. C. Gaudreault. Grâce à l’imatinib, « les drogues gagnent rapidement en efficacité », ajoute-t-il. « Dans dix ans, on se demandera pourquoi on utilisait les drogues qu’on a maintenant tellement elles paraîtront peu efficaces », conclut-il.

 

2003. Des chercheurs anglais et américains parviennent à déchiffrer les trois milliards de paires de caractères du génome humain. Le projet Génome humain, qui a coûté plus de 300 millions de dollars, promettait alors qu’il serait possible d’identifier méthodiquement les variations génétiques influençant les facteurs de risque d’un grand nombre de maladies comme le cancer, les accidents cardio-vasculaires ( ACV ) et les maladies neurodégénératives.
« C’est énorme les opportunités qu’apporte cette découverte pour la médecine moléculaire préventive », lance Jacques Simard, titulaire de la chaire de recherche du Canada en oncogénétique, au CHUL. « Autant de nouveaux traitements que de nouvelles cibles », fait-il valoir. Le National Institutes of Health ( NIH ), qui a dirigé le projet, estime pour sa part que cette avancée permettra de « comprendre les phénomènes biologiques de base qui déterminent la santé de l’être humain ». Après avoir initié un examen intensif du génome, le NIH déclare déjà avoir identifié les variations génétiques responsables de la maladie de Parkinson, du diabète de type 2 et des maladies cardiaques.
Dans la prochaine décennie, Jacques Simard prévoit par ailleurs qu’il soit possible d’étudier « toutes les protéines et les variations génétiques » pour dépister « les variations associées au risque de souffrir d’un infarctus ou même d’une dépression ». Toujours selon lui, il deviendra également possible de doser plus efficacement les médicaments grâce à la meilleure connaissance du génome humain. Les chercheurs du NIH prévoient pour leur part que la prochaine décennie annonce déjà des traitements révolutionnaires.

http://impactcampus.qc.ca/article.jsp?issue=2010-01-12&article=Une-decennie-au-se-service-de-la-medecine

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