VIE QUOTIDIENNE

Maternité et maladie de Parkinson

Est-ce compatible ?

J’ai 51 ans et 3 enfants de 27/24/17 ans et ne me pose plus la question… mais me demande bien, si j’étais beaucoup plus jeune, ce qui me passerait par la tête.

Désirer avoir un enfant est naturel, mais…

1° Le traitement anti-parkinsonien peut-il être suivi sans menace pour le foetus ?

2°  Existe-t-il un risque de transmission de la maladie de Parkinson au foetus ?

3° Comment le corps d’une personne atteinte de la maladie de Parkinson supporte-t-il la grossesse ?

4° Comment la mère malade peut-elle envisager l’éducation de son enfant ? Seule ? Accompagnée ?

J’ai trouvé sur le site québecois une page très bien faite réservée à ce thème :

http://www.parkinsonquebec.ca/fr/vieau_trouble_matern.html

 

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« Maternité » de Pablo Picasso

 

Le choix d’avoir un enfant demeure toujours une décision importante, d’autant plus lorsque l’on est atteint d’une maladie évolutive. Dix à vingt pour cent des personnes atteintes de la maladie de Parkinson auront leurs premières manifestations avant l’âge de cinquante ans, ce qui amènera certaines femmes à réfléchir sur leur désir de maternité. Il est normal de nourrir quelques inquiétudes. Les principales craintes seront liées à l’effet des médicaments sur le foetus, bien sûr, mais aussi à l’impact d’une grossesse sur l’évolution et le cours de la maladie.

La plupart des études animales n’ont pu démontrer avec certitude que la lévodopa a un effet négatif sur l’embryon. Lors des expériences de laboratoires, le médicament est toujours administré en association avec l’un ou l’autre des inhibiteurs de la décarboxylase (carbidopa ou le benzérazide), des agents associés à des anomalies viscérales ou squelettiques chez l’animal cobaye. Cependant, chez l’être humain, aucun de ces inhibiteurs ne semble traverser la barrière placentaire.

Par ailleurs, les agonistes dopaminergiques – bromocriptine, pergolide, lisuride – apparaissent inoffensifs pour les foetus animaux. Deux médicaments soulèvent cependant plus d’inquiétude : l’amantadine, dont la marque déposée est Symmetrel®, et la sélégiline, connue sous le nom d’Eldepryl®. Il a été démontré que l’amantadine était tératogénique, c’est-à-dire toxique, pour le rat et l’embryon. Quant à la sélégiline, son utilisation chez le rat a provoqué des perturbations biochimiques cérébrales, des troubles de comportement et des convulsions. Enfin, aucune donnée n’existe sur l’innocuité des anticholinergiques *(Kémadrin®, Artane®).

Les résultats d’expériences cliniques rapportés dans la littérature font ressortir les points suivants :

  • Le traitement avec la lévodopa n’a amené aucune complication pendant la grossesse et l’accouchement pour la mère, ni de malformations ou de problèmes de santé chez les bébés
  • L’utilisation d’agonistes se sont également avérés sécuritaires pour la mère, et n’a pas présenté de problèmes spécifiques pour l’enfant.
  • Cinq cas de malformations congénitales majeures ont été observés sur un total de 51 nouveaux-nés exposés à l’amantadine au cours du premier trimestre.
  • Aucune donnée précise n’est disponible concernant l’impact des agents anti-parkinsoniens sur l’allaitement. On sait par contre, que les agonistes dopaminergiques aux doses habituellement utilisées vont supprimer la lactation.
  • Par ailleurs, nous ne savons pas si les préparations de lévodopa ou de sélégiline sont présentes dans le lait maternel. D’autre part, l’amantadine en faible quantité se retrouve dans le lait maternel, bien qu’aucun effet indésirable n’a été rapporté chez les enfants allaités.
  • D’autres études rapportent que certaines femmes atteintes de la maladie de Parkinson ont vu leur condition neurologique se dégrader durant ou après la grossesse. Faut-il y voir un lien direct avec la maladie ? D’autres facteurs seraient en cause selon une hypothèse formulée en ce sens. Les changements métaboliques importants associés à la grossesse et les perturbations hormonales, surtout la baisse d’oestrogène en post-partum, sont des facteurs qui peuvent contribuer à modifier le tableau neurologique. Ce déséquilibre peut entraîner un ajustement à la hausse de la médication.

Ainsi donc,

  • Les femmes enceintes traitées avec de la lévodopa (Sinemet®, Prolopa®) ou un agoniste dopaminergique (Mirapex®, Requip®, Permax®, Parlodel®) peuvent continuer leur traitement durant la grossesse.
  • L’utilisation de l’amantadine (Symmetrel) et de la sélégiline (Eldépryl) ne sont toutefois pas recommandées.
  • L’effet de l’utilisation des anti-parkinsioniens sur l’allaitement étant peu documenté, il est préférable à ce stade-ci, de considérer le lait maternisé comme une alternative souhaitable à l’alimentation du bébé.

Mettre au monde un enfant représente l’une des plus belles réalisations humaines. Cependant, certaines circonstances, comme le fait d’être atteint d’une maladie dégénérative, obligent à une réflexion toute particulière. Il est normal de penser à la santé de la mère comme à celle de l’enfant à venir. Les questions et les interrogations qui persistent ou qui inquiètent au sujet d’une grossesse éventuelle sont tout à fait légitimes, et c’est en partageant avec l’équipe soignante et médicale son projet de fonder une famille que la personne concernée pourra recevoir toutes les informations connues sur le phénomène de la grossesse et de la maladie de Parkinson.

ATTENTION :

Les noms sous lesquels les médicaments sont commercialisés peuvent être différents en France.

Corinne

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